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fr:atelier:methodologie:dilate [2022/03/22 08:32] – mansour | fr:atelier:methodologie:dilate [2024/06/21 16:32] (Version actuelle) – mansour |
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====== La chanson "Dilate" (Ani Difranco) ====== | ====== La chanson "Dilate" (Ani Difranco) ====== |
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| Billet du 20 mars 2022, dans les premiers mois de ce wiki.\\ |
| Voir aussi [[fr:valoriser:scenographie:Ani Difranco]] (section ouverte en 2024) |
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Ode de l'artiste à sa muse : un thème classique s'il en est. Mais ici, la configuration est renversée du point de vue du genre : //l'artiste est femme, la muse est homme//. Et au lieu de déboucher sur des lieux communs attendus - l'éternité de l'art, devant l'aspect éphémère de toute beauté terrestre (comme dans //[[https://fr.wikipedia.org/wiki/Mignonne,_allons_voir_si_la_rose|La rose]]// de Ronsard) - le poème débouche plutôt sur le constat d'une //damnation// associée à toute prétention créatrice (thème directement transposable à l'écriture sociologique).\\ | Ode de l'artiste à sa muse : un thème classique s'il en est. Mais ici, la configuration est renversée du point de vue du genre : //l'artiste est femme, la muse est homme//. Et au lieu de déboucher sur des lieux communs attendus - l'éternité de l'art, devant l'aspect éphémère de toute beauté terrestre (comme dans //[[https://fr.wikipedia.org/wiki/Mignonne,_allons_voir_si_la_rose|La rose]]// de Ronsard) - le poème débouche plutôt sur le constat d'une //damnation// associée à toute prétention créatrice (thème directement transposable à l'écriture sociologique).\\ |
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{{ youtube>ikL9Zr45rhw?large }} | {{ youtube>ikL9Zr45rhw?large }} |
<WRAP rightalign>[[https://old.taez.fr/sites/2018-2020/aniblog/|Mon Aniblog]]\\ <wrap lo>(Autres traductions d'Ani Difranco)</wrap></WRAP> | |
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//"Every song has a you, a you that the singer sings too…"// | //"Every song has a you, a you that the singer sings too…"// |
Ci-dessous, deux textes importants de [[fr:explorer:auteurs:florence_weber|Florence Weber]], qui m'a formé à l'ethnographie réflexive il y a une vingtaine d'années, et qui reste à mes yeux une référence incontournable : | Ci-dessous, deux textes importants de [[fr:explorer:auteurs:florence_weber|Florence Weber]], qui m'a formé à l'ethnographie réflexive il y a une vingtaine d'années, et qui reste à mes yeux une référence incontournable : |
* [[https://www.persee.fr/doc/espat_0339-3267_1991_num_47_1_3788|« L'enquête, la recherche et l'intime ou : pourquoi censurer son journal de terrain ? »]]. EspacesTemps 47‑48 (1991): 71‑81. | * [[https://www.persee.fr/doc/espat_0339-3267_1991_num_47_1_3788|« L'enquête, la recherche et l'intime ou : pourquoi censurer son journal de terrain ? »]]. EspacesTemps 47‑48 (1991): 71‑81. |
* [[https://www.persee.fr/doc/genes_1155-3219_1990_num_2_1_1035|« Journal de terrain, journal de recherche et auto-analyse (entretien avec Gérard Noiriel) »]]. Genèses. Sciences sociales et histoire, nᵒ 2, décembre (1990): 138‑47. | * [[https://www.persee.fr/doc/genes_1155-3219_1990_num_2_1_1035|« Journal de terrain, journal de recherche et auto-analyse (entretien avec Gérard Noiriel) »]]. Genèses. Sciences sociales et histoire, nᵒ 2, décembre (1990): 138‑47. ([[fr:atelier:methodologie:feminisme_et_post-colonialite|extrait commenté]]) |
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Cette chanson, je tiens à la mettre au centre de mon argument, car peu de sociologues ont le courage d’admettre ce qu’Ani Difranco exprime ici - à savoir que les sciences sociales éloignent, qu’elles peuvent devenir complètement déconnectées du réel dans certaines circonstances. Elles ne parlent alors que d’elles-mêmes, bien qu’elles prétendent parler des autres : elles expriment la vérité de leurs propres institutions. Et si elles s’en rendent vaguement compte, elles se retournent d’abord contre un interlocuteur fantasmé, qui n’est autre que leur producteur ou leur ingénieur du son… | Cette chanson, je tiens à la mettre au centre de mon argument, car peu de sociologues ont le courage d’admettre ce qu’Ani Difranco exprime ici - à savoir que les sciences sociales éloignent, qu’elles peuvent devenir complètement déconnectées du réel dans certaines circonstances. Elles ne parlent alors que d’elles-mêmes, bien qu’elles prétendent parler des autres : elles expriment la vérité de leurs propres institutions. Et si elles s’en rendent vaguement compte, elles se retournent d’abord contre un interlocuteur fantasmé, qui n’est autre que leur producteur ou leur ingénieur du son… |
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Ne vois-tu pas qu’ils errent au gré de leurs caprices,\\ | Ne vois-tu pas qu’ils errent au gré de leurs caprices,\\ |
et qu’ils se vantent de choses qu’ils n’ont jamais accomplies?\\ | et qu’ils se vantent de choses qu’ils n’ont jamais accomplies?\\ |
Excepté ceux d’entre eux qui ont la foi, qui pratiquent le bien, qui invoquent fréquemment le Nom de Dieu\\ et qui se servent de leurs poèmes pour se défendre quand ils sont agressés.\\ Les agresseurs apprendront un jour quel sort funeste les attend ! »//\\ [[https://tanzil.net/#26:224|Sourate des Poètes]] (traduction M. Chiadmi). | Excepté ceux d’entre eux qui ont la foi, qui pratiquent le bien, qui invoquent fréquemment le Nom de Dieu\\ et qui se servent de leurs poèmes pour se défendre quand ils sont agressés.\\ Les agresseurs apprendront un jour quel sort funeste les attend ! »//\\ [[fr:theologie:coran:026:224|Sourate des Poètes]] (traduction M. Chiadmi). |
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