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L'erreur du concret mal placé
Aussi appelée « erreur de type logique » (voir glossaire).
Bateson tire « l'erreur du concret mal placé » vers la biologie :
« Un cas courant d'explication vide est le recours à ce que j'appelle le principe dormitif : j'emprunte ce mot “dormitif” à Molière. Le final en latin macaronique du Malade imaginaire met en scène un examen médiéval, oral et doctoral. Le premier docteur demande au candidat pourquoi l'opium fait dormir. A quoi le candidat répond, avec un air de triomphe : “Parce que, éminents docteurs, il contient une vertu dormitive.”
On peut imaginer le candidat passant le reste de ses jours à fractionner de l'opium dans un laboratoire de biochimie pour tenter de découvrir par élimination le fragment qui contient ladite vertu dormitive. [Voilà l'erreur du concret mal placé…] Une meilleure réponse à la question du docteur eût comporté non l'opium seul, mais la relation entre l'opium et ses consommateurs : en d'autres termes, l'explication dormitive déforme en fait la vérité. ».
Gregory Bateson, La nature et la pensée (Paris: Seuil, 1984), p. 92.
- Lien avec le shirk, l'idolâtrie par les sciences sociales de leurs propres concepts, de leur propre réalité.
Voir Oeillères islamistes, sexualité de l'observateur : l'épuisement de la formule post-coloniale - Voir aussi l'article d'Anne W. Rawls, « La fallace de l'abstraction mal placée » in Revue du MAUSS n°24, 2004/2, pp.70-84. (Article très proche de ce qu'a été ma formation au Département de Sciences Sociales de l'ENS).
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