« N'est “trop personnel” que ce que vous ne comprenez pas. »
(Page 2, en bas à gauche).
L'un de mes premiers textes au retour de mon premier terrain, en vue de mon premier mémoire : une ébauche de plan et d'argumentaire, relu en février 2004 par ma tutrice à l'ENS. À travers ses commentaires, Florence Weber m'apporte le petit “coup de pouce” méthodologique dont j'avais besoin pour sociologiser l'affaire…
Texte mis en ligne avec ma cargaison de décembre 2017 (en lien avec mon texte “L'expédition à Hammam Kresh. Une ethnographie de la Miséricorde sociale”).
Pour les clés de notre entente avec Florence Weber, voir également :
Revenons d’abord à cette question méthodologique fondamentale, que je posais dans l’un de mes premiers textes en février 2004 (voir en haut et en bas de la page 2) :
1. Ai-je vraiment observé plus que le simple effet de ma présence sur le terrain ?
2. Suis-je en mesure de contrôler les effets de mes affects sur mes résultats ?
Et Florence Weber, alors ma tutrice à l’ENS, gribouillait dans la marge cette réponse :
La question se divise en deux :
- Effet de mes affects sur l’observation = énorme.
- Effet de mes affects sur l’analyse = nulle.
Nulle. Florence Weber ne dit pas : « l’influence est moindre ». Elle ne dit pas : « elle est évitable par 500 pages d’introspection, si vous faites une psychanalyse en parallèle ». Non. Elle dit : si vous vous en donnez les moyens, si vous affrontez lucidement vos matériaux, alors l’influence est nulle. Voilà la réflexivité d’enquête* façon Florence Weber, et c’est dans cet esprit que j’écris ma maîtrise.
Sauf qu’une fois le mémoire déposé (juin 2004), quelque chose craque dans ma vie intime, car il m’est inconcevable de ré-éditer l’aventure. Je crois toujours aux sciences sociales, plus que jamais en fait. Mais si l’objectivité existe, si je l’ai touchée du doigt, alors je dois retourner là-bas. Même si je dois pour cela m’avouer « homosexuel ».
(Extrait de mon texte Le badge du Président)